« Ah, les constellations, c’est un truc à la mode », « Ah oui, la série Le Chemin de l’Olivier ! », « Les constellations, c’est là où on joue la grand-mère ? », « On fait un peu du théâtre non ? ».
On se dit beaucoup de choses sur les constellations familiales et systémiques, difficile d’y voir clair sur ce que c’est. Et aussi ce que ça n’est pas.
En quelques mots, l’approche des constellations est une approche systémique (lisez plus bas pour la définition de ce mot un peu barbare ), qui éclaire ce qu’il y a derrière les difficultés que nous vivons. Elle remet du flux et du mouvement pour que ces difficultés s’apaisent.
Elle n’est ni du théâtre, ni une méthode en 3 points qui règle tous les problèmes, ni une substitution à la médecine allopathique, ni non plus un truc de perché.es.
Cet article creuse ce sujet, depuis ma formation et mon expérience pratique (plus de 150 constellations vécues ou facilitées*).
Pour plus d’infos en direct, n’hésitez pas à me contacter par téléphone.
Les constellations familiales et systémiques : qu’est-ce que c’est ?
Les constellations familiales et systémiques sont une approche de réharmonisation de nos systèmes.
Par système on entend les connexions et interactions qui façonnent nos vies. Voici des exemples de systèmes : notre famille, toutes nos relations, les protagonistes d’une situation spécifique, notre état personnel à un instant T (physique, émotionnel, mental),…
Tous ces systèmes ont des dynamiques qui nous impactent personnellement. Certaines qui sont héritées (un système familial dans lequel la communication a toujours été difficile par exemple), d’autres que nous avons apprises ou construites au cours de notre vie. Et d’autres encore dont on ne sait même pas d’où elles viennent !
L’approche systémique tient compte de toute cette complexité.
Ce que l’approche des constellations “regarde”, explore
L’approche cherche à voir le relief de l’ensemble plutôt que de regarder les « morceaux » les uns à la suite des autres.
Une problématique est définie en début de séance, puis on représente physiquement – par des objets ou des personnes – les éléments qui la constituent (son « système »).
Puis on observe le mouvement : comment les éléments interagissent-ils entre eux ? quelles sont les émotions qui prédominent dans le système ?
On observe « la scène » comme une carte de chaleur, pour identifier les points chauds : où est-ce que le système est bloqué ? où est-ce que les éléments ou les interactions souffrent et ont besoin de soin, d’apaisement ? où sont les ressources ?
Cela peut être dans :
- nos histoires familiales et transgénérationnelles : loyautés, non-dits, chocs non digérés, croyances héritées,…
- notre propre histoire de vie : traumatismes, événements marquants, croyances,…
- notre relation à nous-même : déséquilibre dans notre vie, mauvaise estime de soi,…
- des dynamiques archétypales et sociétales, plus « masquées » : archétypes homme – femme, travail, argent
C’est pour cette diversité de sources que les constellations s’appellent familiales et systémiques 🙂
Ex. Pour une personne venue consteller autour d’une problématique de mauvaise relation avec sa soeur, la représentation choisie a été « elle », « sa soeur », « la source de la mauvaise relation ». Au fil de la constellation, il a été pertinent d’ajouter à la représentation « sa mère », « son père » et « son frère ».
A noter que les représentations choisies sont différentes à chaque fois, adaptées à la problématique et l’intention de la personne, ainsi qu’au déroulé « live » de la constellation. L’exemple ici est donc une illustration parmi un grand nombre de possibles.
Ce qu’elle permet
En mettant en évidence les « points chauds » (souvent inconscients) liés à la problématique, l’approche des constellations signale là où il y a un besoin d’harmonisation.
L’harmonisation se fait ensuite naturellement, car l’harmonie n’est jamais à inventer ou fabriquer de toute pièce, mais simplement à réhabiliter. Les mots, les mouvements, le fait de voir tout simplement, suffisent à redonner sa place à l’harmonie. Cela se ressent physiquement et émotionnellement.
L’apaisement marque la fin de la constellation.
Une conversation vaut mieux que 1000 mots de description, parlons-nous si cela résonne pour vous ou si vous avez des questions !
éviter les confusions
Les constellations familiales et systémiques ne sont pas :
1. Une baguette magique
Faire une constellation ne signifie pas que « tout est réglé », tout comme prendre un comprimé ne signifie pas qu’on est guéri.e, ou faire une séance de psychothérapie ne signifie pas qu’on a fait le tour de notre santé mentale.
Il y a souvent des sujets « oignons » qui ont plusieurs couches de complexité, et comme disait une de mes formatrices Anouchka Moulart : « On a souvent une grosse pièce de travail dans notre vie ».
Les constellations touchent aux dynamiques profondes qui animent nos systèmes, et les mouvements d’harmonisation qui s’amorcent dans une constellation agissent ensuite en arrière-plan :
- Parfois avec des bénéfices très tangibles sur le sujet qu’on est venu.e explorer
- Parfois avec des bénéfices secondaires (par ex une constellée qui a vu une amélioration de sa relation avec sa fille alors qu’elle avait constellée sa relation avec ses amies)
- Et parfois, il est difficile de mettre le doigt sur un effet spécifique de la constellation
En tant que constellatrice, je ne promets pas de miracle, mais je m’engage à tenir cet espace d’exploration. Ainsi qu’à écouter et être au service de ce qui a besoin d’être vu ou entendu, et des mouvements qui cherchent à éclore.
2. Une substitution à un suivi médical
L’approche des constellations ne se substitue pas à la médecine allopathique, elle est complémentaire en venant poser un regard systémique et symbolique sur nos problématiques relationnelles, émotionnelles ou physiques. Elle ne porte aucun diagnostic médical, ni ne se substitue à un suivi médical régulier.
Personnellement, je trouve qu’elle s’associe également très bien avec la psychothérapie, qui offre la possibilité de parler de ce que l’on vit, ce qui nous tracasse, ce qui nous soutient et nous ressource,… Le besoin d’être entendu.e est universel !
3. "Un truc de perché.es"
Les constellations s’appuient sur la matière, sur nos corps et leurs mouvements, sur nos émotions et leurs expressions. Les dynamiques sont ressenties et observées, plus que racontées ou imaginées.
En travaillant sur les dynamiques inconscientes, l’approche relie le conscient et l’inconscient. En ce sens, elle est un pont entre le visible et l’invisible, mais en gardant toujours les deux pieds sur le plancher des vaches.
C’est cette approche enracinée « en bas et en haut » qui m’a été transmise et qui me convient de pratiquer.
4. Du théâtre
Il n’y a pas de scénario pré-écrit dans les constellations. Il est proposé aux personnes de se mettre en contact avec leur corps, ce qu’elles ressentent, les mouvements qu’elles ont envie de faire, et les mots qui leur viennent spontanément pour exprimer ce qui les traverse.
Inévitablement, les phénomènes de transfert et de projection existent dans les constellations de groupe (où ce sont des personnes qui représentent les éléments du système). Mais cela est intégré au processus, et il est de la responsabilité de la personne qui facilite de limiter les histoires que les participant.es « se racontent dans leur tête », pour rester centré.es sur ce qui s’exprime dans les corps.
Ce point est d’ailleurs le plus surprenant lorsqu’on expérimente les constellations pour la première fois : comment est-ce possible de ne rien ressentir de particulier lorsqu’on est assis.e sur sa chaise, et 20 secondes après, être choisi.e comme représentant.e et avoir soudainement une envie irrésistible de danser !
5. Un outil pour enquêter sur son passé ou celui de sa famille
Comme mentionné, l’approche représente les problématiques et identifie les dynamiques bloquées, coincées, envenimées, ou, à l’inverse, ressources.
Ce qui est montré peut croiser des faits de vie marquants de la personne qui constelle, ou de ses ancêtres. Mais la constellation n’est pas un outil d’enquête. Son langage est davantage un langage de “l’énergie” : focalisé sur les dynamiques (façons d’interagir, ressentis, émotions) et non sur les événements et faits historiques.
On pourrait résumer en disant qu’on ne vient pas en constellation pour comprendre l’histoire, mais pour harmoniser les dynamiques qui y ont pris racine et qui nous pèsent aujourd’hui.
Reconnaître les empreintes de l’histoire, remettre les éléments à leur bonne place, honorer les destins, pacifier les liens,… Tel est le sens des constellations.
Pour Conclure
Il y aurait encore beaucoup à dire sur les constellations, sur ce qu’elles sont, et sur ce qu’elles ne sont pas. Cela s’égrènera au cours de prochains articles, mais je crois qu’une des choses les plus vraies, c’est que : c’est une approche qui se vit, bien plus qu’elle ne s’explique !
Si vous êtes curieux.se de l’approche et avez envie d’un échange par téléphone, n’hésitez pas à prendre rendez-vous. C’est gratuit (cela n’engage à rien du tout, la gratuité a encore toute sa place dans ce monde 🙂), et ce sera avec plaisir !
Si cela résonne et que vous vous sentez l’envie de consteller, je serai ravie de vous recevoir en consultation individuelle, ou en groupe (-> voir les prochaines dates à côté d’Angers (49))
*Je me suis formée en constellations familiales et systémiques auprès d’Anouchka Moulart et Yulara Delsemme en Belgique, en formation continue sur 2 ans. Ma pratique est informée également de mes autres formations de médiation, coaching, communication non violente, ingénieur agronome (étude des systèmes vivants),… En savoir + sur mon parcours